Plus de 15 ans de voyage à travers l’architecture traditionnelle de Bilbao



Si un voyage de quelques jours génère généralement des dizaines de photos et d’histoires associées, imaginez-en un qui s’étend sur plus de 15 ans. Pour compiler une partie de cette expérience, María Blasco Lázaro, enseignante, chercheuse, collaboratrice médiatique et amoureuse des traditions, a créé le livre « Professeurs de pierre et de mur. Architecture traditionnelle dans la Communauté de la région de Calatayud’. Il y a plus de 200 pages dans lesquelles l’auteur synthétise les informations et contribue quelque 300 photographies de deux cents infrastructures et bâtiments à usage agricole, civil, pastoral, apicole, greniers, hydraulique, religieux, urbain, artisanal et industriel, pour le tourisme, à la frontière avec les deux châteaux et dans des habitats dispersés.

Pour rassembler toutes ces données et images, Blasco a « coupé » toute la démarcation de Bilbao : « La première étape a été un énorme travail de terrain de 10 à 15 ans pour inventorier et cataloguer tout ce patrimoine traditionnel ». Tout au long des neuf catégories, Blasco reconnaît qu’il y a un énorme travail de « marcher, photographier, documenter et enquêter », auquel s’ajoutent des dizaines d’entretiens pour « collecter la sagesse orale des bergers et des apiculteurs ». Au total, Blasco, qui est également directeur de l’IES Zaurín de Ateca, a eu plus de 100 collaborateurs, dont la plupart sont mentionnés dans les remerciements.

« C’est dommage que beaucoup ne soient plus avec nous, mais ils apparaissent dans ces pages. Et peut-être que j’étais aussi en retard à certaines occasions », avoue Blasco. Le déclencheur qui l’a conduite à se lancer dans ce voyage a été, comme à son habitude chez elle, « le goût du patrimoine oublié ». « On fait toujours la promotion des églises, des retables et des châteaux. Mais ces formes sont abandonnées et c’est un ensemble de valeur brutale, comme le hameau de Moros, certains clochers, fontaines ou ponts », énumère-t-il. Mais également, Blasco précise que ramasser les bâtiments donne aussi de la visibilité à une partie plus humaine : ceux qui les ont construits et ceux qui les ont utilisés. « Le titre vient un peu pour ça. Reconnaître les bâtisseurs, maîtres maçons, apiculteurs, éleveurs… qui ont réalisé ces petites oeuvres d’art qui sont passées inaperçues, dont certaines subsistent et d’autres sont sur le point de disparaître », clame-t-il.

En ce sens, il souligne qu’elle lui a servi « à apprécier la typologie et la richesse des techniques de construction que l’on peut trouver dans un rucher ou une enclos de mise bas, ainsi que la sagesse et le savoir de ces maçons anonymes qui les ont créés sans diplôme, mais connaître l’environnement, les ressources et les matériaux qu’ils ont utilisés. Également au cours de ces entretiens, ils lui ont dit « à qui appartenait le bâtiment, leurs expériences ». « Ou comment, par exemple, les fenêtres en doucine que m’a dit Miguel Ángel, de Godojos, ont été faites », Ajouter.

Le livre, conçu par Nuria Martínez et corrigé par Juan Francisco Fraile, est publié grâce au prix d’excellence en innovation pour les femmes décerné par le ministère de l’Agriculture à l’espace radio de SER Calatayud ’24 / 7. Toujours en alerte’, collaboration de ‘Mémoires en pierre et en adobe’, à son tour la première parution de cette compilation qui prend désormais la forme d’un livre.