L’Assemblée nationale suspend le vote sur la carte de vaccination après les déclarations de Macron



L’Assemblée nationale (AN) a de nouveau suspendu ce soir le débat sur le projet de loi qui prévoit l’instauration d’un passeport de vaccination en France, en pleine tension après une déclaration du président Emmanuel Macron dans laquelle il se dit prêt à « agacer » les non vaccinés.

Le président de séance, le conservateur Marc Le Fur (Les Républicains), a annoncé l’ajournement de la séance en pleine nuit, estimant que les conditions n’étaient pas réunies « pour un travail serein ».

Le débat reprendra ce mercredi à 15h00 heure locale (14h00 GMT) dans lequel ce sera la troisième tentative de l’Assemblée nationale de traiter ce projet de loi qui vise à remplacer le passeport sanitaire par un passeport de vaccination qui limite la vie sociale des non vaccinés.

Le texte devrait être approuvé sans problème par les députés macronistes, majoritaires à l’hémicycle, conservateurs et autres groupes de gauche, mais la tension des derniers jours et trois mois de l’élection présidentielle a empêché les discussions.

Dans la nuit de lundi à mardi, après avoir reproché au ministre de la Santé, Olivier Véran, d’avoir laissé entendre que le débat durerait « toute la nuit », l’opposition a profité du fait que les députés de la majorité étaient en minorité numérique pour voter contre la poursuite de la session, ce qui est arrivé à mardi.

Mais cette négociation a été impossible après le commentaire que Macron a fait dans une interview au journal ‘Le Parisien’.

« Une petite minorité réfractaire demeure. Comment est-il réduit ? Il réduit, désolé de le dire, agaçant encore plus. Je ne suis pas là pour faire chier les Français. Je fulmine toute la journée contre l’Administration quand elle les bloque. Aussi, Je veux vraiment embêter les non vaccinés. Et nous continuerons à le faire jusqu’au bout », a-t-il déclaré.

Les adversaires de Macron à l’Assemblée jugé ces déclarations « indignes » d’un président dans une séance marquée par l’échange de cris et de huées.

Vaccination obligatoire

La plupart ont pourtant défendu Macron, à commencer par Christophe Castaner, président du groupe dans l’AN, qui a assuré que les Français ont besoin de « cette clarté ». « Il utilise un mot auquel beaucoup de Français pensent », a-t-il déclaré.

Son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, l’un des visages les plus populaires de la politique du pays tant au centre qu’à droite, s’est également voulu compréhensif.

« Le président s’explique parfois de manière familière. Je pense que tout le monde a compris ce qu’il voulait dire. Il dira s’il le regrette », a déclaré Philippe. qui soutient carrément la vaccination obligatoire.

La tension à l’Assemblée a ralenti le calendrier initial prévu par le gouvernement, qui voulait appliquer le passeport dès le 15 janvier.

Le pays a dépassé mardi un nouveau record avec 271 686 positifs confirmés en une journée, et un taux d’incidence cumulé en sept jours qui a grimpé à 1 850 cas pour 100 000 habitants.

Quand il y a environ 5 millions d’adultes non vaccinés dans le pays, ce mardi confirmé aussi une augmentation des hospitalisations, qui est passé de 19 606 lundi à 20 186 mardi.