Ceux qui critiquent les lois chinoises finissent comme Peng Shuai


Du 4 au 20 février, la Chine accueillera l’édition d’hiver des Jeux olympiques dans un climat de contrôle obsessionnel et de restriction de la liberté d’expression : « Punition pour ceux qui critiquent nos lois ».

Restrictions à la liberté d'expression et contrôles obsessionnels, le gouvernement chinois s'apprête donc à faire taire toute opinion sur la question des droits de l'homme

Restrictions à la liberté d’expression et contrôles obsessionnels, le gouvernement chinois s’apprête donc à faire taire toute opinion sur la question des droits de l’homme

« S’ils parlent, ils risquent de finir comme Peng Shuai ». Sophie Richardson, directeur de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, ne mâche pas ses mots pour expliquer ce qui pourrait arriver aux athlètes impliqués dans les prochains Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. Ils seront surveillés, espionnés. L’intelligence artificielle sera là pour diriger toutes les opérations de surveillance. Chaque conférence sera projetée et blindée. Et le contrôle sur les réseaux sociaux sera généralisé, obsessionnel. Rien ne doit filtrer par rapport à la version des événements conditionnés et mis en scène. Les voix extérieures au chœur ne sont pas autorisées. Même l’utilisation d’une application, « recommandée » aux athlètes et aux membres du personnel pour aider à surveiller Covid-19 aux Jeux, est considérée comme une sorte de stratagème pour suivre chaque mouvement.

Le cas du joueur de tennis qui a mystérieusement disparu de la vie publique après avoir signalé avoir été abusé sexuellement par l’ancien vice-Premier ministre chinois, Zhang Gaoli, est pris en exemple pour clarifier à quel point la menace de censure peut être dangereuse. Il pèse sur ceux qui « sera soumis à certaines peines » s’ils se comportent ou font des déclarations contraires à l’esprit olympique, aux lois chinoises, critiquant le gouvernement pour défendre la question des droits de l’homme.

Pengu Shuai est réapparue après quelques semaines dans des vidéos qui ressemblaient à des artefacts, peu convaincantes : elle a dit qu’elle allait bien mais on a l’impression qu’elle a été forcée de le dire. Et les propos de Yang Shu, directeur général adjoint des relations internationales du comité d’organisation des Jeux, vous donnent des frissons, confirment toutes les certitudes sur la liberté d’expression qui n’existe pas au-delà de la Grande Muraille. « Toute position conforme à l’esprit olympique, j’en suis sûr, sera protégée et tout comportement ou discours contraire, en particulier contre les lois et règlements chinois, sera soumis à certaines sanctions. » Le retrait de l’agrément serait immédiat et, peut-être aussi, la mesure la moins douloureuse.

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Du 4 au 20 février, la Chine accueillera l'édition d'hiver des Jeux Olympiques

Du 4 au 20 février, la Chine accueillera l’édition d’hiver des Jeux Olympiques

Yaqiu Wang, chercheur de Human Rights Watch, relève la barre. Personne ne peut être considéré comme en sécurité s’il est identifié comme un transgresseur et, plus encore, comme une sorte de terroriste médiatique : « Les lois chinoises sont très vagues sur les mesures qui peuvent être prises pour poursuivre la liberté d’expression. » Message fort et clair, à tel point que Noé Hoffmann, un skieur américain qui a pris la parole lors d’un séminaire de Human Rights Watch, s’est dit inquiet et a raconté comment l’équipe américaine suggère aux athlètes de la délégation de ne pas s’exposer sur les droits de l’homme pour des raisons de sécurité.